lundi 13 avril 2015

Ecrit d'invention


              À la fin de son septième cours de piano  de la journée c'est avec amertume que je quittais le somptueux appartement des Du Val situé au premier étage d'un majestueux immeuble du boulevard  des Italiens. Par générosité Madame Du Val , en plus de mes gages,  me remis “l'extraordinaire” somme  de cent sous. Je décidais donc de les employer dans un but purement récréatif étant donné que cette somme n'aurait pas pu être utile à d'autres fins. Une fois le pied posé sur le boulevard je me figeais quelques seconds, à me demander comment j'allais finir ma soirée. Les bruits de fond répétitifs et lancinants que font les roues des  fiacres  contre le pavé les hennissements  incessants des chevaux associés au bourdonnement des discussions oiseuses des passants  m'empêchaient de me concentrer sur mes pensées. Inconsciemment, je me surpris en train de porter un jugement critique sur cette foule qui se pavanait sur les trottoirs  du Boulevard. Les passants paraissaient comme de grotesques  copies  de paysans endimanchés. Les femmes sous cette chaleur étouffante étaient vêtues  de longues robes  aux couleurs de l'été et de bas épais accompagnés de souliers à la talonnette pour la plupart . Les plus aisés d'entre elles étaient munies d'une ombrelle, afin de se protéger de ce soleil pesant, j'aurais tout donner pour en posséder une et  échapper à cette canicule accablante. M'apparu soudain un home, au gabarie grand et et à la taille élancée, allongée par un chapeau haute forme défraîchi. Sa silhouette était encrée aux abords de la devanture d'un café non loin , la poitrine bombée  et les jambes légèrement entrouvertes  comme si il venait de descendre à cheval.Lorsqu'il s'avançait  avec assurance pour entrer dans le café sa démarche me rappelait vaguement celle  d’un de mes anciens compagnons perdus au combat ,les pas lents ,les talons qui battaient le pavé se démarquaient encore plus des autres hommes qu'il poussait  fièrement de son chemin à large coup d'epaule En contraste avec la puissance naturelle qu'il  dégageait  le complet qui l'habillait  ne coûtait  sûrement pas plus de 80 Fr. et avait déjà bien fait son temps.Un sentiment étrange s'empara de moi:  la curiosité ou juste une pulsion m'entraina  à suivre les pas de cet homme mystérieux ?En entrant dans le restaurant  l'odeur familière du café fraîchement moulu et d'un alcool très fort s'empara de mes narines.La clientèle était propre dans ce genre d'endroit : trois petites ouvrières  négligées  ainsi que deux bourgeoises  accompagnées de  leurs maris et un peintre en pleine inspiration occupaient trois des huits tables  de bois du restaurant. l'homme lui était placé dans un coin légèrement plus isolé et jaugeait d'un regard sévère les dineurs.  Alors que ses yeux bleus persants rencontraient  les miens je ne puis m'empêcher de les baisser aussitôt ;  il fit  signe au serveur et passa  commande. Je  profitais  alors de cet instant pour l'admirer. Cet homme était vraiment charmant, bien fait d'un blond châtain vaguement roussi. Il portait une moustache qui semblait mousser sur sa lèvre lorsqu'il ôta  son chapeau pour s'adresser la serveuse je remarquai la raie au milieu de son crâne qui separait sa chevelure naturellement frisée . De longues minutes s'étaient écoulées avant que la serveuse ne lui porte  son met ; pendant ce temps j'observais  les dispositions banals du restaurant: un  comptoir en bois vide surplombait les tables de la pièce disposées  en arc de cercle autour d'un espace qui devait faire office de piste de danse lors des soirées. La peinture blanche et rouge s'effritait et le toit du restaurant était particulierement bas ce qui amplifiait  cette chaleur déjà bien présente.Au moment où je remis  mon regard sur la table ou  était l'homme, seule une assiette étonnamment vide y  était posée. Intriguée, je lancais un regas discret sur le comptoir. La caissière était entraine de lui render de la monaie, il la pris et avanca fièrement jusqu’a la porte du restaurant. Lors qu’il se tourna, je ramarqua que le peintre ausi avait quittté les lieux. L’homme cambra sa taille, frisa sa moustache d’un gesteque lui semblais familier avant de jetter un dernier regard rapide et circulaire sur les dineurs, Ce qui attise la convoitise des jeunnes ouuvrièresà ma gauche. Il se retourna en un coup de talon puis deumeure un instant immobile sur le trotoire avant de disparzitre dans le crepuscule. Perdu dans manpansées quelques instants, je mis du temps a realizer que je n’allais surement plus jamais revoir cette home. Sans meme savaoir pourquoi, cette pensée me rendis triste. Je voulais sans doute qu’il me prette attention, ou du mois qu’il me lance d’autres de ces regards chameurs? Je me rendis compte alors de ma naivté; Comment ais-je pus croire qu’un homme aussi chaarismatique et éllégant, bien que ne croulant point l’or, puisse sintéresser a moi? Moi, simple maitresse de musique, enre deux ages, mal peigné, vétu d’un chapeau poussiéreux et d’une robe de travers.


Photographie du Boulevard des Italiens Paris 1850

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