Cela fait bien une heure que
je suis assise dans ce misérable café, sale et poussiéreux où tout le monde est
si calme et silencieux, ayant surement eu une journée épuisante.
Moi, j’en suis à mon deuxième
verre d’absinthe, voulant absolument oublier mes soucis. Cette journée est
vraiment la pire de ma vie : d’abord je perds mon travail de maîtresse de
musique et ensuite je me fais renvoyer de ma chambre de bonne n’ayant toujours
pas payé le mois dernier. Alors, j’essaye de m’évader de ce monde si malheureux
grâce à cette boisson qui me transporte dans un tout autre endroit où je suis
heureuse, riche et mariée à un très bel homme avec qui j’ai fondé une grande
famille.
Soudain, en fixant toutes
les personnes, aussi misérables que moi, présentes dans ce café, mon regard s’arrêta
sur lui. Il est là, assis en face de moi, dégustant son pauvre repas. Ses cheveux sont blonds, et ses iris sont d’un
bleu qui pourrait transpercer les yeux. Il m’a instantanément fait oublier tous
mes soucis. Ce bel-homme est si séduisant, mais il m’a également l’air si mystérieux
Quand il eu terminé son repas,
il est allé payer et s’est dirigé vers la porte pour sortir. Intriguée par cet
homme, j’ai décidé de le suivre.
Lorsque je suis sortie du
café, la chaleur du Boulevard des Italiens m’a frappé, il y avait beaucoup de
monde alors qu’il commençait à faire soir. Il y avait beaucoup de bruit, celui des
omnibus et des calèches qui frappaient le sol qui résonnaient de partout ainsi
que celui des marchands ambulants et de toutes les autres personnes présentes
sur la place, criant et parlant. Le boulevard était illuminé grâce aux réverbères
qui étaient allumés. Paris est une ville qui ne s’endort décidément jamais et
qui est toujours animée.
Le bel inconnu marchait, il
me paraissait hésitant et n’avait pas l’air de savoir où il allait, tournant la
tête de tous les côtés. Il était vêtu d’un pauvre complet et d’un chapeau à haute
forme qui était dans un piteux état, mais il gardait malgré tout, une certaine
élégance.
Son regard se promenait dans
le boulevard, et s’attardait sur les belles femmes qui passaient.
Par ses gestes et sa démarche,
ce bel homme donnait l’impression d’avoir été militaire. Il avait l’air sûr de
lui et gardait la tête haute devant tous les passants.
Il commençait à descendre la
rue Notre-Dame-de-Lorette où il y avait une grande foule. J’adorais cette rue
car il y avait de si belles boutiques avec de si jolies robes que je rêvais de
pouvoir porter. En marchant, je tombai sur une boutique où il y avait une
sublime robe noire. Je me mis à l’observer pendant une dizaine de minutes
tellement elle était magnifique. Mais, lorsque j’ai tourné la tête, le bel
inconnu n’était plus devant le kiosque où je l’ai vu s’arrêter il y avait de
cela quelques petites minutes.
Le désespoir me remplit
totalement. J’avais perdu ce bel inconnu de vue.
« Le reverrai-je ? »
était la seule question que je me posais à cet instant.
Madina B.

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