dimanche 12 avril 2015

Cela fait bien une heure que je suis assise dans ce misérable café, sale et poussiéreux où tout le monde est si calme et silencieux, ayant surement eu une journée épuisante.
Moi, j’en suis à mon deuxième verre d’absinthe, voulant absolument oublier mes soucis. Cette journée est vraiment la pire de ma vie : d’abord je perds mon travail de maîtresse de musique et ensuite je me fais renvoyer de ma chambre de bonne n’ayant toujours pas payé le mois dernier. Alors, j’essaye de m’évader de ce monde si malheureux grâce à cette boisson qui me transporte dans un tout autre endroit où je suis heureuse, riche et mariée à un très bel homme avec qui j’ai fondé une grande famille.
Soudain, en fixant toutes les personnes, aussi misérables que moi, présentes dans ce café, mon regard s’arrêta sur lui. Il est là, assis en face de moi, dégustant son pauvre repas.  Ses cheveux sont blonds, et ses iris sont d’un bleu qui pourrait transpercer les yeux. Il m’a instantanément fait oublier tous mes soucis. Ce bel-homme est si séduisant, mais il m’a également l’air si mystérieux
Quand il eu terminé son repas, il est allé payer et s’est dirigé vers la porte pour sortir. Intriguée par cet homme, j’ai décidé de le suivre.
Lorsque je suis sortie du café, la chaleur du Boulevard des Italiens m’a frappé, il y avait beaucoup de monde alors qu’il commençait à faire soir. Il y avait beaucoup de bruit, celui des omnibus et des calèches qui frappaient le sol qui résonnaient de partout ainsi que celui des marchands ambulants et de toutes les autres personnes présentes sur la place, criant et parlant. Le boulevard était illuminé grâce aux réverbères qui étaient allumés. Paris est une ville qui ne s’endort décidément jamais et qui est toujours animée.  
Le bel inconnu marchait, il me paraissait hésitant et n’avait pas l’air de savoir où il allait, tournant la tête de tous les côtés. Il était vêtu d’un pauvre complet et d’un chapeau à haute forme qui était dans un piteux état, mais il gardait malgré tout, une certaine élégance.
Son regard se promenait dans le boulevard, et s’attardait sur les belles femmes qui passaient.
Par ses gestes et sa démarche, ce bel homme donnait l’impression d’avoir été militaire. Il avait l’air sûr de lui et gardait la tête haute devant tous les passants.

Il commençait à descendre la rue Notre-Dame-de-Lorette où il y avait une grande foule. J’adorais cette rue car il y avait de si belles boutiques avec de si jolies robes que je rêvais de pouvoir porter. En marchant, je tombai sur une boutique où il y avait une sublime robe noire. Je me mis à l’observer pendant une dizaine de minutes tellement elle était magnifique. Mais, lorsque j’ai tourné la tête, le bel inconnu n’était plus devant le kiosque où je l’ai vu s’arrêter il y avait de cela quelques petites minutes.
Le désespoir me remplit totalement. J’avais perdu ce bel inconnu de vue.

« Le reverrai-je ? » était la seule question que je me posais à cet instant.






                                                             Madina B.  

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Remarque : Seul un membre de ce blog est autorisé à enregistrer un commentaire.